Débute ensuite la navigation sur le Nil en direction d'Edfou comme première escale. Il fait beau et chaud (25C). C'est agréable de s'allonger sur le pont supérieur du bateau, de faire trempette dans la petite piscine et de regarder défiler les rives du Nil. Du vert partout, des champs en culture, du bétail, des ânes et des hérons qui s'y rafraîchissent, un humain de temps à autre. C'est calme, très calme. Très peu d'habitations en dehors des petites villes riveraines, on sent que le sol est précieux et entièrement dédié à l'agriculture.
Quelques mots sur le Nil... Avec un cours de plus de 6 700 km, le Nil est avec le fleuve Amazone, le plus long fleuve du monde. Il est issu de la rencontre du Nil Blanc et du Nil Bleu. Le Nil Blanc prend sa source au lac Victoria (Ouganda, Kenya, Tanzanie); le Nil Bleu quant à lui est issu du lac Tana sur les hauts plateaux d'Éthiopie. Ses deux branches s'unissent à Khartoum, capitale du Soudan. Le Nil se jette dans la Méditerranée en formant un delta au nord de l'Égypte. En comptant ses deux branches, le Nil traverse le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie, l'Ouganda, l'Éthiopie, le Soudan du Sud, le Soudan et l'Égypte. Il longe également le Kenya et le Congo.
Sans ce long fleuve, aucune grande civilisation n'aurait pu s'établir dans un pays aussi désertique tel l'Égypte. Au fil des siècles, les crues annuelles du Nil ont déversé une grande quantité d'alluvions sur les sols, formant une bande de terre très fertile d'une largeur de 1 à 20 km de chaque côté de ses rives. C'est ainsi qu'une agriculture riche et diversifiée a pu se développer et c'est sur ce mince ruban vert que les anciens égyptiens vivaient. En dehors de cette zone, c'est le désert à l'infini. Les fruits et les légumes y poussaient en abondance et la terre était très propice à la culture des céréales telles l'orge et le blé.
Pendant 3 000 ans avant notre ère, les égyptiens ont édifié de grandes cités sur les rives du Nil. C'est grâce à ce fleuve qu'ils pouvaient transporter les lourdes cargaisons de pierre, et même des obélisques entiers, vers les chantiers de construction des temples et des pyramides situés à proximité du Nil. Ce grand fleuve demeure toujours l'artère vitale de ce pays désertique.
Aujourd'hui, ses berges occupent à peine 3 % du territoire national, mais accueillent 95% de la population. De nos jours, les eaux limoneuses du Nil sont captées et redistribuées sur les terres agricoles grâce à plusieurs barrages mais surtout aux deux barrages géants d'Assouan. Nous y reviendrons. Sans le Nil, pas de vie, c'est le désert. Les barrages régulant le débit d'eau, on peut maintenant faire des récoltes successives alors qu'auparavant les crues saisonnières du fleuve inondaient les champs et limitaient les récoltes. Des canaux d'irrigation apportent l'eau aux différentes parcelles de culture. C'est impressionnant de voir la ligne de démarcation très nette entre le vert des champs de culture et le désert alors que cesse l'apport en eau.
L'Égypte a entrepris des travaux pharaoniques via son projet Delta. Elle est en train de construire le plus grand fleuve artificiel du monde au coût de 9,7 milliards de dollars. Le fleuve de 114 km aidera à transformer un million d'hectares de désert en terres agricoles, créant ainsi un "Nouveau Delta du Nil." On utilisera les eaux usées agricoles traitées du Nil pour l'irrigation. Le projet vise à lutter contre les pénuries d'eau et de nourriture et ajoutera 30 % de terres fertiles au pays.
Côté navigation, entre Louxor et Assouan, le Nil est étroit, 2,7 km dans sa section la plus large à Edfou mais en général ça tourne plus autour d'un kilomètre. Très peu de navigation commerciale autre que les quelques 300 bateaux de croisière touristiques qui le sillonnent. Aucune navigation de plaisance non plus aperçue, peut-être en été ?

